L'impasse sanitaire

par Valérie Rossignol et Serge Rivron

 

 

Nous sommes face à un problème éthique, de foi et de conception de la société. En quoi croyons-nous ?

Le gouvernement fatigue en nous l’enthousiasme, la volonté de construire, la spontanéité et la joie. Ce qui a été annoncé par le Président de la République française, hier soir, 12 juillet 2021, n’est pas destiné à nous donner des perspectives ni même à nous rassurer, ce qui devrait pourtant être la finalité de toute action politique. Au contraire, le discours gouvernemental ne permet à personne de se relever. Un gouvernement qui n’est pas capable de garder son sang-froid est lui-même la dupe de tous les événements et de toutes les manipulations. Quel que soit le degré d’acceptation des consignes (passe sanitaire pour accéder aux lieux culturels, de loisir, de consommation et transport, vaccination obligatoire pour les soignants et les salariés accueillant du public…), aucun citoyen n’est en mesure d’assumer sereinement ses propres « choix ».

La question sanitaire obnubile la société toute entière depuis dix-huit mois et, pour autant, aucun travail d’investigation sur la réalité sanitaire n’est mené : 

   -   Qu’en est-il de la courbe de la mortalité en France ? Montre-t-elle une augmentation significative en 2020-2021 par rapport aux années précédentes ?

   -   Un plan d’accompagnement des personnes en Ehpad a-t-il été enfin mis en place ?

   -  Qu’en est-il des traitements à l’ivermectine et à l’hydroxychloroquine, en France et à l’étranger - dont Delfraissy écrivait à Fauci : “Nous pouvons observer un signal légèrement positif, mais il doit être confirmé par un essai randomisé bien mené” ? Combien de vies auraient été sauvées par ce « légèrement », si on avait laissé les médecins prescrire sereinement ? Pourquoi l’essai randomisé prévu dans le cadre de l’étude Recovery n’a-t-il pas été mené à terme ? Pourquoi l’hydroxychloroquine continue-t-elle à être interdite ?

   -  Comment se fait-il que l’institut Pasteur ait dû attendre huit mois pour obtenir l’autorisation de tester une molécule susceptible de traiter le Covid ?

   -  Comment se fait-il que le Président de la République, dans son allocution d’hier, n’ait pas dit un mot sur les traitements existants, la recherche de nouveaux traitements et l’avenir de l’hôpital ?

Si nous n’avons aucune réponse à ces questions, c’est que les médias ne se les posent pas et ne les posent à personne.

Les personnes les plus inquiètes d’obtenir des réponses sont obligées de chercher par elles-mêmes. Par exemple, des parents s’interrogeant sur la nécessité de faire vacciner des adolescents ou des jeunes gens comprendront en lisant les publications de l’ANSM (Agence Nationale de la Sécurité du Médicament), à condition qu’ils aient eu vent de son existence, ou en menant leur propre enquête sur les effets secondaires du vaccin Pfizer en Israël, que des cas de myocardites puis de péricardites ont été référencés et décrits. Ainsi récemment, l’ANSM signale au sujet des myocardites :

« 45 cas (dont 14 cas chez les moins de 30 ans) ont été rapportés depuis le début du suivi. La majorité des cas sont rétablis ou en cours de rétablissement. Une analyse préliminaire a permis de montrer un excès du nombre de cas rapportés avec le vaccin Comirnaty (Pfizer) par rapport au nombre attendu dans la population générale de moins de 50 ans. Le comité de suivi retient l’hypothèse d’un rôle du vaccin Comirnaty dans la survenue des myocardites. Cet effet indésirable rare, d’évolution favorable, ne remet pas en cause le rapport bénéfice/risque du vaccin. Le suivi du signal de myocardite, en particulier dans la population jeune, se poursuit. Ces cas sont partagés à l’EMA dans le cadre de l’évaluation européenne.

L’ANSM recommande à toute personne présentant des symptômes tels qu’un essoufflement (dyspnée), des douleurs dans la poitrine, des palpitations (battements cardiaques forts,) ou un rythme cardiaque irrégulier de consulter rapidement un médecin. »[1]

 

Encore faut-il avoir le temps de chercher. Encore faut-il comprendre que ces informations ne sont pas véhiculées par les médias. Nous sommes collectivement à la merci de journalistes qui simulent la transmission d’informations et qui décrient à longueur d’antennes Internet et les réseaux sociaux. Nous ne parlerons même pas de l’absence de débats puisque le grand jeu est d’inviter sur les plateaux des gens unanimement d’accord.

Comment dans un tel contexte de non information penser le bien collectif, lequel nous est resservi comme la raison essentielle des discours confineur puis vacciniste ?

En particulier comment est-il possible de concevoir une responsabilité collective au regard d’un vaccin dont la phase d’expérimentation n’est pas terminée, dont on est incapable de mesurer les liens entre injections et effets secondaires graves ou mortels ?

A-t-on le droit d’arguer du bien collectif lorsqu’on exige de la population générale qu’elle soit cobaye de cette expérience ? Et ceci, quand les laboratoires se sont démis de leur responsabilité et que l’État assume seul les risques.

Quand nous apprenons que deux jeunes Israëliens sont morts de myocardites après avoir reçu le vaccin Pfizer, la question de Dostoïevski se pose :  le salut du monde vaut-il la mise à mort d’un seul enfant innocent ? [2]

À l’expression jargonneuse rapport bénéfice/risque, nous opposons la question spirituelle du martyr et du sacrifice. Nous refusons de nous laisser enfermer dans le domaine de l’efficacité sanitaire. La maladie, la souffrance et la mort, doit-on le rappeler, font partie de la condition humaine, mais il ne nous appartient pas de provoquer le martyr de quiconque pour soi-disant épargner la vie d’autres. Ou alors, chacun étant seul face à l’humaine condition, pourquoi ne pas admettre que le risque fasse partie de notre vie ? Comment retrouver le sens sacré de l’existence et la liberté fondamentale qui va avec ?

Quelle commune mesure y a-t-il entre le chantage qu’un gouvernement exerce jusqu’au sacrifice de certains membres innocents de la cité, et le courage martyr d’hommes qui acceptent les conséquences de leur espérance ? Paradoxalement, c’est ceux qui veulent assumer cette responsabilité et cette liberté, qu’elles soient religieuses ou non, qu’on taxe d’égoïsme et bientôt de fascisme. En effet, quelle personnalité politique de gauche a réagi aux décisions de Macron ? Aujourd’hui, aucune. Demain, on nous dira que de ne pas consentir, c’est faire le jeu des extrêmes de droite.

L’héritage culturel et moral français, qui nous place volontiers du côté des frondeurs, est brutalement inversé. Liberté, Égalité, Fraternité, deviendront Flicage, Discrimination et Délation. Nous allons dorénavant vivre dans la transparence obligatoire de la situation médicale et privée de chacun. Nous pourrons la juger, nous pourrons la dénoncer, nous pourrons nous en servir pour menacer. Nous vivons le temps du bestournement médiéval, de l’inversion des valeurs, quand le vice devient vertu et la vertu est jugée comme un vice.

Nous réclamons le droit d’être soigné, la liberté de prescription des médecins, la liberté d’être vacciné ou pas, le respect par l’autorité sanitaire de nos convictions, des débats éthiques et philosophiques, la restauration de l’idéal républicain, de l’honnêteté intellectuelle et un accès à une information complète.

Nous appelons les Français à refuser, par tous les moyens, la restriction de nos libertés fondatrices et la discrimination voulue et organisée par l’État français.

 

 

Serge Rivron et Valérie Rossignol, le 13 juillet 2021

[1] https://ansm.sante.fr/uploads/2021/07/02/20210630-vaccins-covid-19-fiche-de-synhte-se-vff.pdf

[2] « Dis-le moi franchement, je t’y appelle – réponds  :  imagine que c’est toi-même qui mènes toute cette entreprise d’édification du destin de l’humanité dans le but, au final, de faire le bonheur des hommes, de leur donner au bout du compte le bonheur et le repos, mais que, pour cela, il serait indispensable, inévitable de martyriser rien qu’une seule toute petite créature, tiens, ce tout petit enfant, là, qui se frappait la poitrine avec son petit poing, et de baser cette entreprise sur ses larmes non vengées, toi, est-ce que tu accepterais d’être l’architecte dans ces conditions, dis-le, et ne mens pas ! » Dostoïevski Les Frères Karamazov (trad. André Markowicz)

 

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