Poèmes de Georges-Henri Morin

Georges-Henri MORIN est un poète et peintre à qui la queue de la comète surréaliste a donné l'élan d'aller au-delà du surréalisme. 

 

Certes

légende

 

que le Maître de l’Observance

astreint à de banales rages

 

et la jeune fille

jocker sans autre retenue

qu’un bref déclic

lâchent prise

 

Dédicace

aussi

 

aux courtisanes

dont la belle œuvre

affame

 

Rien ne se raréfie

Tout se distrait

 

À cet instant

trop de présences

 

pour rendre perpétuel

le mouvement qui nous dérobe

la fin du plaisir

 

de la belle sacrifiée

en joue 

 

Elle dont la main déserte ses courbes

fascinée par la moindre verticale


Et parfois

contre toute attente

 

peu importe

qui se dépouille

 

Traînées indivisibles du sang répandu

mais lettres mortes certainement

 

Tout est au comble dans les communs

de ces suspects irréductibles

à tant d’autres Terreurs

 

Une fois encore

la lame est démanchée

 

et ce sont de parfums

que les sexes s’engendrent

 

(Lyon – le 17 avril 2023)


L’œil de la poutre

Un compas s’y pose

Un deux trois frôlements

et c’est à qui ne se tolèrera plus

en victime du sort

Toutes les fleurs oblongues sont immortelles

mais les immortelles ne se réduisent pas à des poussières de comètes

pas plus que ces tailles parées

que nos mains ne laisseront pas assoupies

Plus personne pour se donner de marbre 

Les hommes ont renoncé aux rebrousse-poils

dont ils extrayaient des maximes incendiaires

Foutre ! Père Duchesne !

Voyez

dans l’au-delà des serrures !

Les robes des émeutières se froissent

Bella Donna !

se délieraient-elles d’elles-mêmes

en passant outre à la Fronde

du furet des bois mesdames


In vivo

 

De telle sorte que ….

Les souris blanches au réveil

se tendent vers les flammes

jusqu’à la transparence

Qui les scalpe lutte de vitesse

avec leur aisance à usurper d’autres identités

En un rien de temps le rien les ébahit

et le temps les libère de ces mutins

qui les privent de silence sans qu’adviennent les embaumeurs

À l’ombre de la scène succèdera l’orée des parcs

Les portillons y grincent un peu beaucoup

L’usage populaire de la folie se borne à l’ordinaire

Les souris blanches s’endorment

Trop tard pour un dernier baiser !

Quand leurs rêves excèderont leurs souffrances

jouir équivaudra à leur jeter un gant

pour que jamais elles ne ferment les yeux

sur ce qu’elles n’ont cessé de voir


Les chiffres se défilent

à tâtons

trop peu voilés pour séduire

celles qui dérobent leurs corsets aux girouettes 

et s’ignorent en superbes oublieuses

Ici s’assemblent les rondes et les croches

Les insectes aussi s’y cuirassent

et qu’importe si leurs ombres nous ceinturent

Parmi eux qui ne sait que rien ne se quitte

hors les têtes qui roulent au panier

celle du furet trop peu partageux

comme celle de la Florentine dont l’empailleur a limé les cils

Jours de fête

Les rebelles posent

les bourreaux se déplient

Mais à l’enseigne des Bottines Crevées

ce sera à qui conspire

des neufs et des six

au jeu de l’élégance à deux sous

sans se soucier de leurs singulières silhouettes

à l’origine des formes


Aux processions rampantes

n’ouvrez plus !

À travers leurs errances le long des lignes de la main

les bonnes manières assèchent les offenses

et les balançoires peinent aux étreintes

D’ailleurs qu’importent ces tabous ?

Les gants blancs taisent

les pratiques immuables de la Terreur

à laquelle acquiescent encore tant de séducteurs

Les pierres ne meurent pas en vain

d’avoir lapidé sans barguigner

quiconque a battu en retraite

pour avoir perverti les rythmes de la chamade

Triste gâchis !

À tout mutisme

que substituer 

si la chair ne fait plus la maille ?


Sans doute

s’arrache-t-il

à pleines poignes

du couvre-feu

auquel sont voués

les phénix agonisants

Lui qui a chevauché le tigre

sans même pervertir

son enfance

Il ne s’en remémore

que les éclipses

Du jeu en quelque sorte

dans sa mémoire de pacotille !

Mais plus fier que son tigre

au hasard

il tire une saison

pour y enfouir

sa tête d’éternel perdant

puis s’en retourne

à ses burlesques

Des puces savantes

auront cadenassé ses arènes

d’une faux tranchant l’éternité

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